Frontières saines pour des saines relations

Apprendre à reconnaître nos frontières/limites et à les respecter peut, parfois, s’avérer difficile. Souvent, pour éviter des conflits, on prend de mauvais plis et l’on réagit d’une façon qui n’est pas en accord avec nos valeurs et notre essence. D’autres raisons peuvent se mettre de la partie comme vouloir faire plaisir ou avoir peur du rejet ou encore ne pas froisser l’autre.

Mais ne pas respecter nos frontières/limites a un prix, car des tensions naissent. Nous nous sentons agités. Nos réactions sont exagérées et notre hamster intérieur rumine les mêmes pensées négatives. Nous n’osons pas dire non et une relation passive agressive s’installe qui peut être dévastatrice et mener à une séparation ou à de l’abus. Nous éprouvons un profond ressentiment ou nous accusons l’autre de notre mal-être. Les difficultés à ne pouvoir les exprimer sont nombreuses et néfastes pour notre santé mentale.


Nous pouvons avec un travail sur soi qui se fait par étapes trouver des moyens pour les communiquer. Quelquefois, elles sont mal reçues par l’autre, car une nouvelle dynamique s’installe, déstabilisant notre amoureux, conjoint, ami ou collègue.

Nedra Glover Tawwab, thérapeute, auteure et experte en relations humaines, affirme dans son livre, Set boundaries, find peace, qu’avoir des frontières saines permet de communiquer nos besoins aux autres, de créer des relations saines et cohérentes et de définir le rôle de chacun. Les comportements acceptables et inacceptables sont exprimés à l’autre et constituent des paramètres définissant ce que nous voulons d’une relation. Quand les frontières sont claires, les rapports entre deux personnes sont transparents.


En effet, elles nous aident à prendre soin de nous, à nous sentir en sécurité, à nous protéger contre les excès. C’est un moyen qui permet d’atteindre un équilibre qui s’ajuste au gré des conflits, des égos ou de multiples autres raisons.

Anné Linden, dans son livre, Les frontières dans les relations humaines, le formule bien : « les frontières sont la distinctions que nous faisons entre le monde et nous même,

entre nous-mêmes et les personnes qui comptent pour nous et entre différents types de situations. Cette distinction crée une séparation tout en étant perméables, autorisant ainsi l’échange d’émotions et d’informations… Par leur perméabilité, les frontières humaines permettent la connexion et simultanément, créent la séparation. »

Une analogie de ce jeu subtil entre soi et les autres est le tango. En observant les danseurs, nous pouvons voir le chassé-croisé auquel ils se livrent, bougeant au rythme de l’autre dans un échange réciproque de mouvements harmonieux et souples, en sens contraires. Cette communication corporelle témoigne d’une perception fine des limites personnelles/frontières de chacun d’entre eux. Cet équilibre peut se créer parce que chaque partenaire s’abandonne en toute conscience de lui et de l’autre à ce jeu.



Pour Jack Rosenberg, fondateur de l’approche psychocorporelle, le concept de frontière de soi est un sentiment ou une expérience d’un Soi à la fois séparé du monde et en relation d’harmonie avec ce monde. Il sert à délimiter le Soi littéralement institué.

Ces frontières ne sont pas peut-être pas visible mais elles sont assez tangibles et leurs respects ou manque de respect nous fait réagir, inconsciemment, jusqu’à ce qu’on apprenne à reconnaître les signes. Les reconnaître, nous demande d’être à l’écoute de soi, de son propre senti et besoins comme disposition première, pour ensuite être en lien ou en relation, sans perdre ce lien à soi. Les frontières, peuvent parfois être molles ou poreuses, qu’il y a un oubli de soi, laissant toute la place à l’autre dans la relation, ou très rigides repoussant l’autre et en le gardant à distance.


Se sentir bien dans nos relations et dans l’expression de nos frontières comme ces deux danseurs de tango, est une pratique à exercer à tous les jours, comme l’est la conscience à soi.

Les résultats peuvent ne pas être immédiats, comme dans tout, cependant la persévérance pondéra une chorégraphie relationnelle plus harmonieuse.


En résumé:

  • Avoir des limites dans une relations est très sain et le non respect de ses limites peut s'avérer problématique.

  • Mettre des limites saines n'est pas souvent une tâche facile cependant faisable.

  • La persévérance dans les changements à faire est une clé.


 


Nadine est psychothérapeute depuis plus de 20 ans et superviseur clinique en cabinet privé, elle pratique également le yoga depuis deux décennies et est professeur de yoga depuis plusieurs années.



Elle est praticienne et enseignante de la PCI (Psychotherapie corporelle intégré). Au cours des dix dernières années, elle a combiné ces compétences pour se concentrer sur les approches centrées sur le corps, en travaillant principalement sur l'anxiété, la dépression et le burn-out.


En utilisant la parole, les techniques de respiration et la pleine conscience, Nadine aide à atteindre un bien-être global.


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